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Entrevue

Juin 2008

Panic At The Disco sont de retour!

Par Liz Adler/Celebritext
Traduction et adaptation: Viviane Lapointe



Pretty. Odd. fait suite à A Fever You Can’t Sweat Out, le premier CD de Panic at the Disco. On rencontre Ryan Ross et Spencer Smith, respectivement guitariste et drummer, à Londres, en plein milieu de l’enregistrement de l’album aux célèbres Abbey Road Studios. Ils nous parlent de la nouvelle création du groupe, de son évolution et de la perception que le public a de lui.





À LA SORTIE DE VOTRE PREMIER ALBUM, VOUS AVEZ FRAPPÉ FORT ET VOUS AVEZ ÉTÉ CATAPULTÉS SOUS LE FEU DES PROJECTEURS. J’IMAGINE QUE, POUR CE NOUVEAU DISQUE, VOUS VOUS Y ÊTES PRIS DIFFÉREMMENT EN MATIÈRE DE PRODUCTION.
RYAN: . Oui, car cette fois-ci on savait que le monde entier allait entendre notre musique! (rires) Quand on enregistrait le premier album, on ne pouvait pas s’imaginer ça. On a beaucoup plus confiance en nous aujourd’hui et on a eu davantage de plaisir à réaliser ce disque. On sait ce qu’on fait, et ça nous a permis d’expérimenter et de nous lancer dans plusieurs nouvelles avenues musicales.


QUELLE EST LA PRINCIPALE LEÇON QUE VOUS AYEZ APPRISE DEPUIS VOS PREMIERS PAS DANS LE MONDE DE L’INDUSTRIE MUSICALE?
La clé, c’est de ne jamais oublier la raison pour laquelle on était excités de faire notre travail quand on a commencé. Lorsqu’on est artiste, il y a tellement de choses à faire qui sont imposées par la société dans laquelle on vit, mais qui n’ont rien à voir avec la musique!


COMME DONNER DES ENTREVUES?
SPENCER: Non. Ça, c’est cool.
RYAN: C’est surtout les trucs plus corporatifs. Tu sais, la musique, c’est vraiment une grosse machine publicitaire, comme tout le reste. On finit par devoir faire des choses qui n’ont rien à voir avec l’écriture de chansons et qui nous amènent à nous poser la question suivante: «Pourquoi au juste est-on ici à faire les clowns?»


POUVEZ-VOUS ME DONNER UN EXEMPLE?
(Soupir) Je ne devrais probablement pas en parler, car ça pourrait m’attirer des ennuis. Il y a une large part de notre travail qui tourne autour de notre image, et c’est irritant de toujours devoir jouer le jeu. Mais j’imagine que c’est un compromis nécessaire pour continuer à faire ce qu’on fait, alors je vais sûrement être obligé de chialer encore pour un bon bout de temps!
SPENCER: Très bien dit!


QUE FAITES-VOUS POUR CONTINUER À AIMER CE QUE VOUS FAITES, POUR VOUS RAPPELER POURQUOI VOUS FAITES PARTIE DE CETTE INDUSTRIE?
RYAN: On fait partie de cette industrie en raison de notre amour de la musique. Et je parle au nom de tout le band lorsque je dis ça. Je ne trouve pas ça si difficile de garder ma passion pour ce que je fais. J’ai écrit une nouvelle chanson l’autre jour; pourtant, on vient de passer les quatre derniers mois à composer un album. La musique est simplement quelque chose que j’aime faire, alors ça ne deviendra jamais un problème.


DANS LA PREMIÈRE CHANSON DE VOTRE NOUVEL ALBUM, VOUS DITES: «NE VOUS INQUIÉTEZ PAS, NOUS SOMMES TOUJOURS LES MÊMES.» POURQUOI CE BESOIN DE RASSURER LES FANS, QUI ACHÈTENT VOS DISQUES, EN PROCLAMANT QUE VOUS ÊTES RESTÉS AUTHENTIQUES?
Ces paroles sont plutôt ironiques, parce qu’on est toujours les mêmes, c’est vrai, mais on a aussi beaucoup changé. Peu de gens le savent, mais c’est Jon (Walker, le bassiste) qui chante ces paroles, et Jon n’était même pas dans le band avant. On se montre du doigt et on rit de nous-mêmes, ce qui permet de donner un ton léger à l’album.


À PART VOTRE ÉVOLUTION MUSICALE, EN QUOI CES TROIS DERNIÈRES ANNÉES VOUS ONT-ELLES CHANGÉS? VOUS SENTEZ-VOUS COMME DES GRANDES ROCK STARS MAINTENANT?
TOUS LES DEUX: NON!
RYAN: Je doute qu’aucun d’entre nous se sente comme une rock star. Et si ça commençait à être le cas, on ne mettrait sûrement pas autant de travail et d’énergie dans nos chansons. J’imagine que ça s’entend quand les gens écoutent notre musique. On est tous vraiment fiers de cet album, vraiment excités de lancer quelque chose de nouveau et surtout de recommencer à faire ce qu’un band est censé faire: partir en tournée. Je ne pense pas qu’on se laisse influencer négativement par le nombre de disques vendus.


Y A-T-IL DES AVANTAGES À ÊTRE CÉLÈBRES?
SPENCER: Oui, par exemple, avoir la chance d’enregistrer ici. On a fait le reste de l’album à Las Vegas, mais Rob tenait absolument à venir enregistrer les cordes ici. À son avis, c’est le meilleur studio du monde pour les cordes. On a finalement décidé de faire également le mixage ici, parce que l’ingénieur du son partage entièrement notre vision.


COMMENT AIMEZ-VOUS VOTRE EXPÉRIENCE À ABBEY ROAD STUDIOS À LONDRES?
C’est super! Ça fait 10 jours qu’on est ici, et on travaille intensément de 8 à 9 heures par jour, parfois plus. On n’a pas encore vraiment pris le temps d’explorer la ville, mais juste le fait d’être ici pour travailler, c’est toute une expérience. C’est impressionnant de voir toutes les photos des gens célèbres qui ont déjà enregistré ici et de se promener de studio en studio.


BEAUCOUP DE GRANDS ARTISTES ONT EN EFFET ENREGISTRÉ À CET ENDROIT. EST-CE QUE ÇA SE SENT DANS LES LIEUX?
C’est certain que, quand tu te trouves au studio 2, dans lequel les Beatles ont enregistré la plupart de leurs chansons, on sent une énergie créative vraiment puissante. On ne peut pas dire que John et Paul sont présents, mais c’est tout comme! C’est tellement cool d’être dans un endroit qu’on a vu en photo tant de fois et qu’on connaît en quelque sorte déjà grâce à tous nos albums préférés qui y ont été fignolés. C’est incroyable d’avoir la chance de travailler ici, avec les mêmes équipements qu’ils utilisaient dans les années 60!
RYAN: C’est cool, parce qu’ils ont gardé plusieurs des instruments que les Beatles utilisaient. On a pu travailler dans le studio 2 une journée; c’est dans ce même studio qu’ils ont enregistré Lady Madonna. On aimerait éventuellement faire un disque au complet ici, parce que c’est un endroit vraiment spécial. Ils ont le meilleur équipement du monde pour bien faire sonner un album.


QUAND VOUS AVEZ ÉCRIT VOTRE PREMIER ALBUM, VOUS VENIEZ TOUT JUSTE DE SORTIR DE L’ÉCOLE ET VOUS HABITIEZ ENCORE CHEZ VOS PARENTS. À QUOI RESSEMBLE VOTRE VIE MAINTENANT?
SPENCER: Ça fait seulement six mois qu’on est partis de chez nos parents! C’est comme si on était partis pour aller à l’université. La plupart des gens de notre âge sont encore aux études. C’est un peu étrange. Trois jours après que Brendon (Urie, le chanteur) a fini son secondaire, on était en route pour le Maryland, prêts à enregistrer notre premier album. On était vraiment très, très jeunes à ce moment-là, plus jeunes que la plupart des membres des groupes rock actuels.


EST-CE QUE ÇA VOUS A DÉSAVANTAGÉS?
RYAN: Sur certains plans, oui, mais d’un autre côté on a fait ce qu’on avait à faire et du mieux qu’on le pouvait. Il y a quelques pièces sur le premier album dont on est un peu moins fiers maintenant… L’adolescence est une période de transformations intenses, et notre façon de voir les choses a beaucoup changé depuis quelques années. Et on doit accepter le fait que le public est témoin de notre évolution. Dans un sens, ça nous a sûrement fait vieillir plus vite, ce qui n’est pas une mauvaise chose.


ÊTES-VOUS ARRIVÉS À MATURITÉ?
Oui, un peu plus qu’avant. Mais on est loin d’avoir terminé notre évolution!


COMMENT LE FAIT D’ÊTRE PLUS MATURES SE TRADUIT-IL DANS VOTRE MUSIQUE?
On écrit de bien meilleures chansons. C’est différent, car on est beaucoup plus conscients de ce qui se passe. On a redéfini nos priorités pour ce nouvel album: on a veillé à ce que les mélodies soient encore meilleures et on a plus fignolé nos paroles. Ça se traduit donc à la fois dans la technique et dans l’écriture. Quand on faisait le premier album, on ne pensait pas à long terme. À cette époque, j’aurais aimé savoir ce que je sais maintenant.


MÊME SI VOTRE MUSIQUE A UN PEU ÉVOLUÉ, ELLE A TOUJOURS CE CÔTÉ DRAMATIQUE, VOIRE THÉÂTRAL, QUI VOUS CARACTÉRISE. AVEZ-VOUS ASSEZ DE TEMPS LIBRE POUR ALLER VOIR DES FILMS OU LIRE DES LIVRES QUI VOUS INSPIRENT?
SPENCER: Dans la dernière année, je peux dire que oui, on en a eu le temps, et ç’a été une très bonne chose. Présentement, on est en train de préparer un nouveau cycle: celui de la tournée. Et ce qu’il y a de bien quand on vit sur la route, c’est qu’on est beaucoup moins impliqués dans tout ce qui est potins de célébrités (rires), mondanités, tous ces trucs qu’on voit à la télé quand on n’a rien d’autre à faire. Quand on part en tournée, qu’on se trouve dans l’autobus ou sur scène à donner des spectacles tous les soirs, on peut vraiment avoir la tête libre.

















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